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Les maladies gingivales et parodontales

Les maladies gingivales et parodontales

Selon l’Association dentaire canadienne, les maladies de gencive constituent le problème dentaire le plus répandu parmi la population. Les gencives sont la première barrière contre la propagation vers l’intérieur du corps des millions de bactéries présentes en bouche. À l’instant où l’on peut noter en bouche des signes cliniques visibles tels que rougeur, gonflement ou saignement, on commence à parler de maladie gingivale. La bonne nouvelle est que les maladies gingivales, bien qu’elles puissent causer des dommages importants, peuvent très souvent être prévenues ou traitées lorsqu’elles sont détectées à un stade précoce. (voir la section anatomie de la dent pour plus d’information sur la gencive)

La réponse immunitaire

Lorsque les gencives sont irritées par des bactéries, le corps essaie de se défendre et envoie des cellules immunitaires pour contrôler la prolifération de ces dernières. Du même coup, il augmente l’apport sanguin pour facilité la venue des cellules immunitaires, ce qui explique le grossissement des gencives (gonflement) et leur changement de couleur du rose au rougeâtre. Plus les gencives seront irritées, plus la réponse immunitaire sera forte. Il s’en suit alors un combat entre les bactéries et les cellules immunitaires qui peuvent faire des dommages à toutes les cellules environnantes.

Les principaux irritants

Plusieurs irritants peuvent venir assaillir la gencive. Les irritants ponctuels comme les aliments qui viennent se frotter lors de la mastications ne causent pas trop de problèmes puisque la gencive a le temps de récupérer entre les repas. Les pires irritants sont donc ceux qui attaque en permanence la gencive. Chez les personnes qui respirent par la bouche, simplement l’air qui entre continuellement en contact avec la gencive peut causer une irritation des gencives souvent localisée au collet des dents antérieures supérieures. La fumée du tabac est aussi un irritant majeur chez les gros fumeurs, donc l’arrêt ou la diminution du tabagisme est recommandée. La plaque dentaire est un irritant majeur puisqu’elle est constituée essentiellement de bactérie et de son biofilm, deux substances qui activent le système immunitaire. Toutefois, le pire des irritants est le tarte dentaire. Constitué de plaque minéralisée, il a les même effets que la plaque en plus de causer une irritation mécanique dû à sa dureté.

Facteurs de risque

Plusieurs facteurs doivent être considérés afin de déterminer la probabilité qu’une personne développe une maladie gingivale. Voici les plus importants :

  • Un hygiène buccodentaire déficiente;
  • Les maladies qui affaiblissent le système immunitaire (VIH/SIDA, leucémie);
  • Le tabagisme:
  • Le diabète, surtout s’il n’est pas contrôlé adéquatement;
  • Les changements hormonaux provoqués par la grossesse et la ménopause (pouvant influencer l’aspect des gencives);
  • La prise de certains médicaments qui engendrent des effets secondaires agissant au niveau des gencives;
  • Un système immunitaire affaibli par un stress important

Le sondage parodontal

 

Une des méthodes pour connaître l’avancement de la maladie gingivale ou parodontale est le sondage parodontal. Lorsque nous avons une gencive saine, celle-ci est attachée à l’os, mais aussi aux dents. Il y a toutefois un rebord d’environ 3 millimètres qui est toujours libre et sans attache dans la partie la plus haute de la gencive. C’est cet espace où l’on peut entrer la sonde parodontale (la sonde est une pointe graduée servant à mesurer la hauteur des poches parodontales) que l’on nomme la poche parodontal. Lorsque la gencive commence à se faire assaillir par les bactéries (Stade 1) et prend de l’expansion, l’attache à la dent ne bouge pas, mais la poche devient plus profonde (4 à 5 millimètres). Lorsque l’infection est plus profonde dans la gencive, l’attache entre la gencive et la dent est affectée et se rompt (stade 2), ce qui augmente encore la profondeur de la poche. Il faut retenir que lorsque la poche parodontale atteint une hauteur de 5 millimètres, il est impossible avec des méthodes d’hygiène traditionnelles (brossage, fil de soie) d’aller jusqu’au fond de la poche. Les bactéries et débris présents ne sont donc jamais éliminés et peuvent proliférer et empirer le problème. Un détartrage ou un traitement de parodontie dépendemment des cas sont les seuls manière d’inverser la roue et de régler le problème.

Les stades de la maladie gingivale et parodontale

Il y a plusieurs classification aux maladies gingivales et parodontales. En voici une simplifiée en 4 phases. Il faut retenir que les 2 premières phases sont réversibles, sans dommages permanents et habituellement sans douleur. À partir de la troisième phase, des dommages irréversibles commencent à apparaître et peuvent être accompagnés d’épisodes de sensibilité ou de douleur. Il est à noter que le système immunitaire de chaque personne réagit différemment et que certaines personnes ne se rendront jamais au stade 3 malgré une très mauvaise hygiène dentaire et que d’autre iront rapidement au stade 3 malgré une hygiène dentaire acceptable.

Stade 1: la gingivite débutante.

À ce stade c’est seulement le partie externe de la gencive qui est affectée par le combat entre le système immunitaire et les bactéries. On peut noter une couleur légèrement plus rougeâtre et un léger saignement localisé intermittent. Le sondage parodontal est normal. (voir la section : sondage parodontal)

Stade 2 : la gingivite avancée.

 

À ce stade presque toute la gencive est affectée. Il y a présence de saignement à plusieurs endroits et la gencive a grossi et pris une teinte rougeâtre. Le sondage autour des dents devient légèrement plus profond. À l’aide des soins d’hygiène dentaire quotidiens, il est toujours possible d’éliminer les irritants et de revenir vers une gencive saine. Il est parfois difficile de différencier ce stade du stade 3.

Stade 3 : la parodontite localisée et ou légère.

 

À ce stade, l’infection commence à toucher l’os sous la gencive. Il est possible de noter à l’aide de radiographie une perte de la minéralisation de la couche externe de l’os. L’ os affecté ne se régénérera pas complètement et restera donc plus fragile dans le futur même si l’on réussit à contrôler l’infection. La gencive est très gonflée, sanguinolente et a une apparence lisse. On retrouve une poche parodontale trop profonde pour être nettoyée au complet. Le contrôle par un détartrage et/ou traitement parodontal est donc nécessaire pour enlever les irritants et permettre à la gencive de guérir et de diminuer la profondeur ces poches. Si rien n’est fait, les irritants localisés au fond de la poche qui sont maintenant inatteignables par le patient prolifèrent et accélèrent la destruction de l’os. (ce qui mène au stade 4)

Stade 4 : la parodontite généralisé ou aiguë.

Une perte osseuse est maintenant bien visible et continue de progresser si rien n’est fait. Il est possible de voir sur les radiographies les défauts osseux causés par l’infection. Des traitements parodontaux sont nécessaires pour tenter de contrôler et stabiliser le tout s’il n’est pas trop tard. Si la perte osseuse est trop grande, certaines dents peuvent ne plus être assez ancrées dans l’os, devenir très mobile et devoir être extraites. En bouche, le stade 4 est assez similaire au 3 puisque c’est sous la gencive que les changements ont lieu. La profondeur de la poche parodontale est encore plus profonde que dans le stade 3, ce qui permet aux bactéries de proliférer encore plus facilement.